Naturalelation

Un blog rouennais & lifestyle: Cheveux crépus, Coups de coeurs & autres Fantaisies

Retrouver ses cheveux naturels

Yaya Da Costa

J’ai toujours aimé les cheveux africains portés naturels: il existe de nombreuses et élégantes manières de les coiffer: simple, en afro (plus ou moins courte), tresses, cornrows, locs et autres. Mais l’épreuve douloureuse du démêlage de ces cheveux crépus me terrifiait, comme beaucoup d’africaine. Je craignais de ne pouvoir venir à bout des noeuds d’une tignasse emmêlée.

De l’âge de 7 ans 1/2, à celui de 24 ans, cette crainte a conditionné mes choix de coiffure puisque, durant cette période, j’ai eu systématiquement recours à la pratique du défrisage à froid. Le résultat était loin des « longs cheveux soyeux volant au vent! » Le défrisage n’est pas un traitement naturel et fait intervenir des produits chimiques particulièrement actifs. En brûlant sa tige, le produit défrisant raidit, de manière définitive, le cheveux africain, dont la tendance naturelle est de pousser en se vrillant légèrement sur lui- même.

Les cheveux sont donc asséchés et fragilisés par cette intervention; or le cheveux africain est à la base très sec. Aussi le cheveu défrisé nécessite- t- il des soins réguliers visant à le réhydrater; il faut également éviter de le soumettre à de trop grandes pressions (chaleur, attacher les cheveux trop serrés, défriser les cheveux juste après avoir retiré les tresses, tresser ou teindre les cheveux juste après les avoir défrisés). En l’absence de soins contraignants, le cheveux casse et s’affaiblit. Outre les brûlures du cuir chevelu, le défrisage expose également à un ralentissement de la croissance du cheveux (0.9 cm par mois, en moyenne pour le cheveux africain) et aux alopécies (pertes importantes de cheveux).

J’ai eu la chance, au cours de ces dix- sept années, de n’avoir connu aucune de ces calamités. Mes cheveux, denses et épais, étaient toutefois sujets aux cassures;  je devais alors les renforcer par des masques hebdomadaires, et veiller à ne pas les endommager davantage dans mes soins quotidiens. Entreprise particulièrement contraignante, puisque parallèlement, je devais donner une forme aux cheveux raidis, par des brushing ou des mises en plis, qui affectent également durement le cheveux.

Ces contraintes ont fini par me fatiguer et m’agacer. Une nouvelle prise de conscience s’est aussi imposée à moi, progressivement: les femmes noires, n’ont jamais cessé, (depuis la traite négrière et la rencontre des mondes occidental et africain), de tenter de s’adapter à des standards esthétiques conçus par l’Occident qui ne leurs convenaient pas forcément. Ainsi certaines ont- elles tenté de s’éclaircir la peau, tandis que la majorité adoptait le défrisage pour lisser leur cheveux « trop » crépus.

Aujourd’hui, le défrisage s’est imposé à un point tel, que beaucoup d’africaines ne conçoivent pas de se coiffer, autrement, de manière « présentable ». Pour beaucoup, il n’y a donc plus d’alternative, et c’est justement cette liberté de choix que je souhaitais retrouver: afin de pouvoir décider, de manière éclairée, de défriser mes cheveux, ou de les garder naturels.

Il ne s’agit donc pas pour moi de juger celles qui ont opté pour le défrisage, mais plutôt de présenter, à travers mon expérience, les possibilités qui s’offrent à nous pour l’entretien de nos cheveux.

Ma transition

J’ai donc décidé de retrouver mes cheveux naturels en août 2002; mais j’ignorais comment faire. Après un dernier défrisage le 25 août, j’ai laissé mes cheveux pousser. Au bout de deux mois, j’avais un bon centimètre de texture naturelle que je devais concilier avec les cheveux défrisés. Dans mon ignorance, je continuais à me coiffer « normalement », comme si mes cheveux étaient totalement défrisés. Mais les cheveux crépus étant plus résistants que les cheveux défrisés, cela entraînait de nombreuses cassures.

En décembre 2002, la repousse de mes cheveux était d’environ deux centimètres, mais les cheveux défrisés sur la nuque étaient tous cassés (il ne restait plus que la texture naturelle). Pensant que cela compromettrait la croissance des cheveux crépus, j’ai renoncé à couper mes cheveux et les ai défrisés à nouveau le 26 décembre 2002.

Afin de ne pas renouveler mes erreurs, j’ai commencé à me documenter, sur les caractéristiques du cheveux africain. Mes recherches sur le web francophone furent une LOOOONGUE traversée du désert: en tapant « cheveux afro » ou « crépus » ou « africain », j’étais invariablement renvoyée à des sites proposant le défrisage et décourageant toute entreprise de conserver ce type de cheveux dans leur texture originelle. Par contre, en basculant sur le web anglophone, j’ai enfin pu trouver les informations qui me manquaient (et même plus!). Je me suis arrêtée sur un site afro- américain www.nappturality.com , réunissant des femmes de la diaspora portant leurs cheveux naturels; grâce à leur conseils, j’ai pu structurer ma démarche.

J’ai su ainsi, que j’opérais ma période de transition, passage de mes cheveux défrisés à mes cheveux crépus. La transition peut être plus ou moins longue: certaines ne font pas de transition et se rase directement la tête. Cette option était un peu trop radicale pour moi; je me suis donc tournée vers la seconde possibilité: laisser pousser le cheveux naturel, sous les cheveux défrisés, et couper la texture défrisée lorsque la longueur des cheveux crépus nous satisfait. On peut ainsi « transitionner » 3 mois (le minimum en moyenne) comme plusieurs années.

Pendant ce temps, pour concilier les différentes textures, il est conseillé de se tresser, ce qui favorise la pousse du cheveux et permet de patienter. J’ai choisi les cornrows (nattes simples collées sur le crâne) que j’ai appris à faire moi- même. Je les renouvelais chaque semaine, après un masque au beurre de karité et un shampoing. Pour varier, je les agrémentais de chignons (postiches).

Le Big Chop

Natural Hair

Au bout de 4 mois, j’ai enfin pu faire le grand saut: le Big Chop. C’est la deuxième étape importante; elle consiste à couper la texture défrisée. Les plus expérimentées le feront seules, mais il vaut mieux demander de l’aide, à un coiffeur ou à un proche… qui a beaucoup d’affection pour vous!

En France, les coiffeurs, même non spécialisés dans les soins du cheveu africain, pourront vous couper les cheveux; personnellement, j’ai écarté cette possibilité, trouvant les tarifs trrrrès exagérés pour le service (32€ 90 pour la coupe et un shampoing!!!!). Mon père m’a donc coupé les cheveux, au milieu du jardin, par un bel après- midi ensoleillé de printemps (25 avril 2003).

Après le Big Chop, j’ai renforcé mes cheveux avec un masque au miel (4 cuil. à soupe d’huile d’olive, 2 cuil. à soupe de miel, le jus d’1/4 de citron; à appliquer chaud ou froid, durant au moins 1/2 heure), lavé avec un shampoing aux oeufs et l’après- shampoing Dark & Lovely. Pour la coiffure, toujours fidèle à Dark & Lovely, qui propose une gamme « Naturally » destinée aux cheveux crépus, j’ai utilisé la pommade au miel « Honey Kissed Hair Dressed »: elle n’a pas l’effet « poisseux » que l’on peut reprocher à beaucoup de pommade pour les cheveux, et est agréablement parfumée. Pour terminer, j’ai ajouté une noix de gel Dark & Lovely « Calming Tress Set & Hold Gel », qui fait boucler les cheveux et les rend plus brillants.

Miel soinJ’ai adopté ces soins comme routine quotidienne, excepté le masque que je ne fais qu’une fois par semaine (j’ai modifié cette routine depuis). Chaque matin, avant de me coiffer, je dois mouiller mes cheveux, afin de les rendre plus souples et éviter de les casser en les coiffant.

C’est, pour moi la seule contrainte des cheveux naturels; autrement, la texture de mes cheveux me fait penser à du coton, c’est une sensation bizarre, car je m’attendais à ce qu’il soient plus drus. Je ne crains plus d’être décoiffée par le vent ou la pluie, et n’angoisse plus en me demandant comment me coiffer le lendemain.

C’est une nouvelle forme de liberté, très exaltante, d’où l’intitulé du blog : Natural Elation!

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